France Télévisions condamné à verser environ 450.000 euros à Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard (« Des chiffres et des lettres »)

France Télévisions

La justice impose une lourde indemnisation à deux figures de « Des chiffres et des lettres ». Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard obtiennent environ 450.000 euros après une rupture contestée. Ils estiment avoir été évincés en 2022, sans respect loyal de leurs engagements. France Télévisions se retrouve au centre d’un dossier social très observé. Le litige touche aussi au travail régulier en contrats courts.

France Télévisions et la chronologie d’une éviction contestée

Le tandem, associé au jeu depuis des décennies, apprend en 2022 la fin de sa présence à l’antenne, affirme ozap.com. Les deux animateurs disent avoir été évincés par surprise en 2022. La décision surprend les intéressés, qui parlent d’une rupture brutale. Ils saisissent alors le conseil de prud’hommes de Paris et demandent un réexamen complet de leur situation.

Au cœur de leur requête, ils veulent la requalification de leurs CDD d’usage en CDI. Ils réclament aussi la reconnaissance d’une rupture nulle, assortie d’indemnités. Leur requête visait aussi la reconnaissance d’une rupture jugée nulle, avec indemnités. Le dossier progresse sur plusieurs mois, avec échanges et pièces examinés par la formation prud’homale.

Le 27 novembre 2025, France Télévisions est condamné et les prud’hommes retiennent des manquements. Bertrand Renard doit percevoir environ 230.000 euros et Arielle Boulin-Prat près de 220.000 euros. Chaque ex-animateur reçoit aussi 10.000 euros pour une rupture jugée brutale et vexatoire.

France Télévisions face aux critiques et aux réactions

Dans sa décision, le conseil relève une exécution déloyale du contrat de travail. Les juges évoquent aussi une discrimination fondée sur l’âge, visant un duo aujourd’hui âgé de 70 et 72 ans. Cette appréciation alourdit la portée du jugement, au-delà du seul volet financier.

Un extrait résume l’analyse des prud’hommes sur les échanges entre les parties. « L’ensemble des échanges met en évidence une exécution déloyale du contrat de travail », écrivent-ils. Le Parisien dit avoir pu consulter la décision. La formule cible explicitement la société, sans détailler publiquement chaque élément du dossier.

Contacté, France Télévisions n’a pas souhaité faire de commentaires. L’avocat des deux animateurs se dit « très satisfait », tout en gardant une marge de manœuvre. Il n’exclut pas un appel, afin que la nullité et les circonstances du licenciement soient mieux indemnisées. Cette option reste ouverte, selon les délais de procédure.

Un programme emblématique et des suites possibles

L’affaire rappelle le statut particulier des CDD d’usage dans l’audiovisuel, souvent liés aux émissions. Les demandeurs soutenaient que la répétition de contrats courts masquait un travail durable. Le jugement leur donne gain de cause sur plusieurs griefs, ce qui peut inspirer d’autres salariés.

Le contentieux éclaire aussi la question de l’âge à l’écran et des transitions éditoriales. Le programme est présenté comme mythique depuis longtemps. Il associe calcul et langue française. Le duo incarnait une continuité entre culture générale et rendez-vous familial. Son départ a suscité des réactions, avant même l’ouverture du front judiciaire.

En janvier 2024, devant les prud’hommes, les deux ex-animateurs réclamaient plus de 500.000 euros chacun à France Télévisions. La décision de novembre 2025 fixe un total inférieur, tout en actant des dommages supplémentaires. La suite dépendra maintenant d’un éventuel appel et de la stratégie des parties.

Ce que la décision peut entraîner dans les prochains mois

Si un appel est engagé, la procédure pourrait se prolonger et rouvrir le débat sur les montants. Les anciens animateurs espèrent effectivement une indemnisation plus élevée, au regard des circonstances retenues. Le groupe public, lui, peut choisir de contester ou de s’en tenir au jugement. France Télévisions voit surtout remonter une question sensible, celle de la loyauté contractuelle dans la durée.

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