« C’est une heure par mois, 15 minutes par semaine »: le Sénat vote un amendement pour ajouter 12 heures de travail supplémentaire par an et relance un débat ultra-sensible

heures de travail

Le Sénat a adopté un amendement controversé visant à allonger la durée annuelle de travail des salariés de douze heures supplémentaires. Cette mesure rallonge les heures de travail et ravive un débat politique particulièrement sensible en France. L’initiative suscite des réactions contrastées entre les différentes familles politiques. Le gouvernement exprime des réserves tandis que l’opposition manifeste une vive contestation face à cette proposition.

Un amendement qui modifie la durée annuelle des heures de travail

Olivier Henno, sénateur UDI, a vu son texte adopté grâce au soutien de l’alliance entre droite et centre, raconte bfmtv.com. Le vote intervient lors des débats budgétaires consacrés à la Sécurité sociale pour 2026. Le déficit persistant des comptes sociaux forme la toile de fond de cette initiative parlementaire controversée.

La proposition maintient le cadre légal des 35 heures hebdomadaires tout en augmentant le volume annuel. Les partenaires sociaux auraient la responsabilité d’organiser concrètement cette évolution. Le dispositif laisse une marge de manœuvre pour adapter la mise en œuvre selon les secteurs d’activité.

Olivier Henno justifie son initiative par la nécessité de créer davantage de richesses nationales. Selon lui, cette extension limitée permettrait de générer un rendement annuel dépassant les dix milliards d’euros. Le parlementaire présente l’ajout comme imperceptible au quotidien.

Des réactions politiques tranchées sur les heures de travail envisagées

La gauche manifeste une opposition ferme face à cette proposition qu’elle juge arbitraire. Le sénateur socialiste Simon Uzenat dénonce une provocation absolue envers les salariés exerçant des métiers pénibles. Les parlementaires progressistes contestent la minimisation de l’effort demandé aux travailleurs français.

L’élu socialiste interpelle directement la droite sur la pertinence de qualifier d’imperceptible un allongement touchant des professionnels déjà soumis à des conditions difficiles. Cette critique souligne les divergences profondes entre les familles politiques sur la question sociale. Les opposants y voient une atteinte aux acquis sociaux historiques.

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou adopte une position nuancée devant l’assemblée sénatoriale. Bien qu’il se déclare solidaire des objectifs économiques visés, il estime inapproprié d’intégrer cette mesure dans le projet budgétaire actuel. Le gouvernement préfère reporter ce débat à la conférence sociale prévue le 5 décembre prochain.

Une proposition au destin parlementaire incertain

Le Sénat multiplie les initiatives similaires depuis plusieurs années sans aboutir à des modifications législatives. L’année précédente, la chambre haute avait voté l’ajout d’une journée de solidarité gratuite supplémentaire destinée au financement de l’autonomie. Cette tentative était restée sans suite concrète.

L’ancien Premier ministre François Bayrou avait également proposé la suppression de deux jours fériés, suscitant une levée de boucliers. Ces précédents illustrent la difficulté d’obtenir un consensus sur les questions relatives au temps de travail. Les résistances politiques et sociales demeurent particulièrement fortes sur ce terrain sensible.

Les observateurs parlementaires considèrent quasi impossible un accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat sur ce budget. La majorité des élus anticipe l’échec des négociations entre les deux chambres. L’amendement risque donc de ne pas franchir l’étape de la commission mixte paritaire.

La conférence sociale comme nouveau terrain de discussion

Le gouvernement renvoie explicitement ce débat à la conférence sociale intitulée Travail et retraites qui s’ouvrira début décembre. Cette instance réunira les partenaires sociaux pour examiner les pistes d’évolution du marché de l’emploi. Les heures de travail figureront probablement parmi les thèmes abordés lors des échanges.

Cette stratégie gouvernementale vise à éviter un affrontement parlementaire stérile sur un sujet clivant. Le ministre privilégie une approche concertée impliquant syndicats et organisations patronales. L’exécutif espère ainsi construire un compromis plus acceptable socialement qu’une décision législative unilatérale.

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